Les responsables du Hezbollah ont réaffirmé leur refus de remettre les armes tant que l’armée israélienne maintient des positions au Liban et poursuit ses opérations. Les déclarations rapportées le 20 juillet par la presse arabe replacent le dossier dans un conflit plus large. Le mouvement affirme que la crise ne peut pas être réduite à son arsenal. Il cite l’occupation, les frappes, les prisonniers, les destructions et le retour des habitants du Sud. Face à cette ligne, les États-Unis font de l’exclusivité des armes entre les mains de l’État une condition centrale de leur soutien au Liban. Le gouvernement de Nawaf Salam doit donc avancer entre deux contraintes. Il cherche un retrait israélien vérifiable, mais il veut aussi éviter une confrontation avec le Hezbollah et sa base populaire. Le parti, soutenu par Nabih Berri, a choisi de rester au gouvernement malgré son opposition à l’accord-cadre. Cette présence lui permet de défendre ses positions au sein des institutions et de suivre les prochaines étapes du dispositif négocié sous médiation américaine.
Un refus réaffirmé après l’accord-cadre
Les prises de position publiées le 20 juillet prolongent les déclarations formulées depuis la signature de l’accord-cadre du 26 juin. Des responsables du Hezbollah présentent le conflit avec Israël comme une menace durable contre le Liban. Ils refusent donc que la discussion commence par la seule question des armes du mouvement. Selon eux, une telle approche inverse l’ordre des responsabilités et laisse de côté la présence militaire israélienne, les attaques aériennes et les destructions dans les localités du Sud.
Le mouvement insiste sur le caractère politique et territorial du dossier. Il affirme que les armes ne peuvent pas être traitées indépendamment du retrait israélien. Ses responsables demandent aussi la fin des frappes, la libération des prisonniers et le lancement de la reconstruction. Ils considèrent que ces engagements doivent précéder toute mesure imposée au Hezbollah. Cette position ne vaut pas acceptation d’un désarmement ultérieur. Le parti ne fixe aucun calendrier et ne décrit pas les conditions précises d’une remise de son arsenal.
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Le Hezbollah conteste également la méthode suivie par le gouvernement. Il rejette les négociations directes avec Israël et critique un accord qu’il estime déséquilibré. Le mouvement considère que le texte donne à Israël un droit de regard sur les mesures prises au Liban, sans garantir un retrait rapide de ses forces. Il redoute que les zones pilotes deviennent un modèle appliqué ensuite à l’ensemble du territoire, alors que les obligations israéliennes resteraient soumises à des conditions.
Le Hezbollah invoque un conflit existentiel
Dans les déclarations rapportées par la presse arabe, les responsables du Hezbollah présentent l’affrontement avec Israël comme un conflit existentiel. Ils ne le décrivent pas comme une simple dispute frontalière. Ils y voient une menace contre le territoire, la population et la capacité du Liban à se défendre. Cette lecture justifie, selon eux, le maintien d’une force armée en dehors de l’armée régulière tant qu’Israël conserve une présence militaire et une capacité d’action au Liban.
Le parti affirme qu’un désarmement préalable supprimerait son principal moyen de dissuasion. Il estime qu’Israël pourrait alors maintenir ses positions ou reprendre ses opérations sans rencontrer de réponse équivalente. Ses responsables rappellent les campagnes militaires menées contre le Liban et les destructions subies par les villages du Sud. Ils soutiennent que la population concernée ne peut pas accepter un dispositif qui commencerait par des inspections et des saisies d’armes sans retrait visible.
Cette argumentation vise aussi la base sociale du mouvement. Le Hezbollah cherche à montrer qu’il ne défend pas seulement une organisation ou un appareil militaire. Il présente ses armes comme un instrument de protection des régions exposées. Cette position conserve un écho parmi les habitants qui ont perdu leur logement ou qui ne peuvent pas retourner dans leur village. Elle rencontre toutefois l’opposition de nombreux Libanais qui considèrent que les décisions de guerre doivent relever exclusivement de l’État.
Le parti évite, à ce stade, de répondre en détail aux questions opérationnelles. Il ne dit pas publiquement comment il traiterait ses dépôts, ses tunnels ou ses positions dans une zone évacuée par Israël. Il ne précise pas davantage s’il accepterait une vérification conduite par l’armée libanaise ou par un mécanisme international. Ces points deviendront incontournables si le retrait israélien commence réellement dans une première zone pilote.
Le retrait israélien posé comme préalable
L’ordre des étapes reste le principal obstacle. Le Hezbollah exige que le retrait israélien intervienne avant toute discussion sur son désarmement. Israël adopte la position inverse. Il affirme que ses soldats resteront dans le sud du Liban tant que le mouvement conservera ses armes et sera considéré comme une menace. L’accord-cadre tente de rapprocher ces deux exigences par une application progressive, mais son calendrier reste incomplet.
Le texte prévoit des zones pilotes. Dans ces secteurs, l’armée libanaise doit se déployer, les groupes armés doivent être désarmés et les habitants doivent pouvoir revenir. Israël doit réduire progressivement sa présence. Un futur dispositif de sécurité doit préciser les mécanismes de contrôle et de vérification. Une structure de coordination avec participation américaine doit suivre l’application. Plusieurs détails restent toutefois en négociation.
Le Hezbollah redoute que le retrait israélien soit retardé jusqu’à la fin d’un processus de désarmement national. Une telle lecture permettrait à Israël de maintenir une zone de sécurité pendant une longue période. Le parti rappelle que la remise de ses armes ne pourrait pas être achevée rapidement, même en cas d’accord politique. Il considère donc que l’exigence israélienne peut servir de justification à une occupation prolongée.
Le gouvernement libanais demande une autre séquence. Le président Joseph Aoun veut obtenir un premier retrait israélien concret. Beyrouth souhaite ensuite déployer l’armée dans la zone concernée et démontrer sa capacité à y exercer son autorité. Cette étape doit fournir un résultat visible aux habitants et réduire l’argument du Hezbollah selon lequel le Liban exécute seul ses obligations. L’absence de retrait renforcerait au contraire le refus du mouvement.
Washington place les armes au centre du dossier
La pression américaine s’est précisée lors des échanges entre Joseph Aoun et Marco Rubio. Le secrétaire d’État a salué les efforts du gouvernement libanais pour restaurer la souveraineté du pays. Il a cité le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de ses infrastructures militaires parmi les objectifs soutenus par Washington. Les États-Unis présentent ainsi l’exclusivité des armes comme un élément central de la paix et du redressement économique.
Cette position dépasse le seul cadre sécuritaire. Washington dispose d’une influence importante sur l’aide à l’armée libanaise, la mobilisation des partenaires internationaux et les financements destinés à la reconstruction. Le Liban a besoin de ressources extérieures pour renforcer ses forces régulières, réparer les infrastructures et permettre le retour des déplacés. Les autorités américaines peuvent donc lier une partie de leur soutien à des progrès mesurables sur le contrôle des armes.
Les États-Unis ne demandent pas publiquement à l’armée libanaise d’engager une confrontation générale avec le Hezbollah. Ils privilégient un processus progressif, commencé dans des zones limitées. Ils veulent toutefois des vérifications concrètes. Les secteurs remis à l’armée devraient être exempts de combattants, de dépôts et d’installations militaires échappant à l’État. Le futur mécanisme doit encore préciser la manière dont cette absence sera établie.
Le Hezbollah voit dans cette pression une tentative de modifier l’équilibre intérieur. Il estime que l’aide internationale ne doit pas devenir un moyen d’imposer des décisions qui concernent la sécurité nationale. Ses responsables accusent Washington de reprendre les exigences israéliennes. Ils affirment que le soutien au Liban devrait commencer par la garantie du retrait et par l’arrêt des opérations militaires israéliennes.
Le gouvernement écartelé entre deux exigences
Le gouvernement de Nawaf Salam se trouve au centre de ces positions opposées. Il a affirmé le principe du monopole de l’État sur les armes. Le président Joseph Aoun a lui aussi placé cet engagement au cœur de son mandat. Pourtant, les autorités ne veulent pas transformer cette orientation en opération militaire contre le Hezbollah. Elles savent qu’une tentative de désarmement forcé pourrait provoquer des affrontements et diviser l’armée.
L’institution militaire doit prendre le contrôle des zones évacuées. Elle devra aussi traiter les armes et les infrastructures qui pourraient s’y trouver. Cette mission paraît simple dans les textes, mais elle devient plus difficile dans les villages habités. Les demandes d’inspection systématique des maisons et des propriétés privées suscitent des inquiétudes. Les responsables militaires craignent que des fouilles imposées à grande échelle ne provoquent des incidents avec les habitants.
L’armée veut éviter d’être perçue comme l’exécutante d’informations fournies uniquement par Israël. Elle demande des renseignements vérifiables et un cadre juridique clair. Une liste de bâtiments ou de propriétés présentés comme des sites militaires ne suffit pas toujours à justifier une perquisition. Les soldats doivent respecter le droit libanais, obtenir les autorisations nécessaires et préserver leur relation avec la population.
Le gouvernement cherche donc une formule qui combine autorité de l’État et stabilité intérieure. Il veut renforcer l’armée, obtenir un retrait israélien et limiter les risques d’affrontement. Cette méthode demande du temps. Elle entre en tension avec les attentes américaines et israéliennes, qui réclament des résultats rapides. Elle rencontre aussi la méfiance du Hezbollah, qui soupçonne le dispositif de préparer son désarmement complet sans garanties équivalentes.
Le risque d’une confrontation intérieure
Le pouvoir libanais doit également tenir compte des précédents. Toute décision touchant directement aux armes du Hezbollah peut provoquer des tensions politiques et sécuritaires. Le mouvement conserve une base populaire importante, un groupe parlementaire, des ministres et un réseau institutionnel dans plusieurs régions. Une opération coercitive ne concernerait donc pas seulement des dépôts militaires isolés. Elle pourrait toucher des villages, des quartiers et des familles directement liés au parti.
L’armée libanaise redoute une situation dans laquelle ses unités devraient entrer dans des propriétés privées contre l’opposition des habitants. Un incident local pourrait rapidement prendre une dimension nationale. Des affrontements limités risqueraient de diviser l’opinion et d’affaiblir la crédibilité de l’institution militaire. Ils pourraient aussi interrompre le retrait israélien si Israël estimait que les engagements libanais ne sont plus appliqués.
Cette crainte explique la prudence de Joseph Aoun. L’ancien commandant de l’armée connaît les capacités de l’institution, mais aussi ses contraintes. Il cherche une application fondée sur la coordination, la négociation locale et des garanties internationales. Le gouvernement veut éviter que le dossier des armes ne soit transformé en confrontation entre l’État et la communauté chiite.
Les partenaires étrangers soutiennent officiellement une méthode pacifique. Cependant, leurs demandes de résultats rapides peuvent créer une pression difficile à gérer. L’État libanais doit prouver qu’il avance sans déclencher de violences. Il doit aussi convaincre Israël que les zones contrôlées par l’armée ne serviront plus au Hezbollah. Cette double exigence rend chaque étape particulièrement sensible.
Le Hezbollah et Berri restent au gouvernement
Malgré leur opposition, le Hezbollah et le mouvement Amal n’ont pas quitté le gouvernement. Les ministres proches du tandem chiite continuent de participer aux réunions et aux décisions. Nabih Berri n’a pas appelé à renverser le cabinet. Il privilégie la négociation et cherche à modifier l’application de l’accord plutôt qu’à provoquer une crise institutionnelle.
Cette décision répond d’abord à un calcul politique. En restant au gouvernement, le Hezbollah conserve un accès direct aux discussions. Ses ministres peuvent demander des informations, contester certains mécanismes et défendre le principe de réciprocité. Une démission réduirait leur capacité à peser sur les décisions administratives, militaires et financières liées à l’accord-cadre.
Le maintien au cabinet évite aussi une paralysie supplémentaire de l’État. Le Liban doit gérer les conséquences de la guerre, le déplacement d’une partie importante de la population, la reconstruction et une crise économique persistante. Une chute du gouvernement retarderait les décisions urgentes et compliquerait les négociations internationales. Le Hezbollah ne veut pas apparaître comme le responsable direct d’un nouveau vide institutionnel.
Nabih Berri joue un rôle central dans cette stratégie. Le président du Parlement entretient des contacts avec la présidence, le gouvernement et les médiateurs étrangers. Il peut transmettre les objections du tandem chiite et chercher des compromis sur le calendrier. Son maintien dans cette position d’intermédiaire serait plus difficile si les ministres d’Amal et du Hezbollah quittaient le cabinet.
Négocier de l’intérieur
La présence institutionnelle permet au mouvement de défendre les besoins de sa base. Les régions touchées attendent des aides, des indemnisations et des travaux de reconstruction. Les ministres et députés du Hezbollah veulent conserver une influence sur la répartition des ressources. Ils peuvent aussi suivre les décisions concernant le retour des habitants, les services publics et la sécurité locale.
Cette stratégie ne signifie pas que le parti accepte l’accord. Elle lui permet de négocier de l’intérieur tout en maintenant son refus public. Le Hezbollah distingue son opposition au dispositif de son rapport aux institutions. Il affirme qu’il veut empêcher une décision dangereuse sans faire tomber l’État. Cette ligne réduit le risque d’une rupture immédiate, mais elle ne règle pas le désaccord de fond.
Le mouvement peut également compter sur Nabih Berri pour ralentir ou réorienter certaines étapes. Le président du Parlement peut favoriser des consultations entre les blocs, demander des garanties ou soutenir une nouvelle formulation. Son rôle permet au Hezbollah de maintenir des canaux avec les responsables qui défendent l’accord, sans modifier officiellement sa position.
Cette méthode protège aussi le mouvement contre un isolement politique. Une sortie du gouvernement pourrait réunir ses adversaires autour d’un cabinet plus directement soutenu par Washington. En restant, le Hezbollah empêche qu’une décision majeure soit prise sans débat interne. Il conserve un droit de regard politique, même si le gouvernement dispose formellement de la compétence nécessaire pour appliquer ses engagements.
Les choix désormais ouverts au mouvement
Le Hezbollah dispose de plusieurs options. Il peut accepter une application limitée dans une zone pilote après un retrait israélien vérifié. Il pourrait alors présenter sa coopération comme une réponse à une mesure concrète et non comme une capitulation. Cette formule laisserait toutefois ouverte la question de ses armes dans le reste du pays.
Le mouvement peut aussi maintenir un refus complet. Ce choix préserverait sa position actuelle, mais augmenterait la pression internationale. Il pourrait retarder la reconstruction, affaiblir le soutien à l’armée et donner à Israël un argument pour conserver ses positions. Une nouvelle campagne militaire deviendrait plus probable si le processus restait bloqué et si les incidents reprenaient à la frontière.
Une autre voie passerait par un dialogue national sur la stratégie de défense. Le Liban a déjà organisé de telles discussions sans parvenir à un accord définitif. Le Hezbollah pourrait y demander des garanties sur le rôle de l’armée, la protection du territoire et le calendrier du retrait. Le gouvernement pourrait utiliser ce cadre pour éviter une décision imposée par la seule pression extérieure.
Le parti pourrait enfin distinguer plusieurs catégories d’armes. Il pourrait accepter le retrait de certains équipements des zones pilotes sans reconnaître un désarmement général. Une telle formule créerait un espace de compromis limité. Elle risquerait aussi d’être rejetée par Israël et les États-Unis, qui demandent le démantèlement complet des infrastructures militaires du mouvement.
Les zones pilotes comme premier test
Les prochaines étapes contraindront le parti à préciser sa réponse. Un retrait israélien d’une première zone modifierait la situation. L’armée libanaise devrait entrer dans le secteur, contrôler les installations et permettre le retour des habitants. Le Hezbollah devrait alors indiquer s’il retire ses combattants, remet ses positions et accepte les vérifications prévues.
La question des propriétés privées sera déterminante. Israël souhaite que les sites désignés à partir de ses renseignements puissent être inspectés. Les autorités libanaises refusent que ces informations entraînent automatiquement des fouilles. Elles demandent une procédure conforme au droit et veulent éviter que des soldats ne se retrouvent face à des habitants hostiles.
Le Hezbollah pourrait choisir de coopérer discrètement avec l’armée. Il pourrait retirer du matériel avant le déploiement et éviter une confrontation publique. Cette méthode avait déjà permis à l’institution militaire de récupérer certains dépôts sans affrontement majeur. Elle ne serait toutefois possible que si le parti obtenait une contrepartie visible sur le retrait israélien.
À l’inverse, un refus d’accès créerait une crise immédiate. L’armée devrait décider si elle impose son contrôle ou si elle suspend l’opération. Les médiateurs américains pourraient considérer que le Liban n’applique pas l’accord. Israël pourrait alors maintenir ses positions, reprendre ses frappes ou élargir ses demandes.
Une réponse dépendante du retrait israélien
En l’absence de retrait, le mouvement conservera son principal argument. Il pourra affirmer que l’accord impose des obligations au Liban sans contrepartie israélienne. La visite de Joseph Aoun à Washington vise précisément à éviter ce scénario. Le président demande aux États-Unis d’obtenir un premier mouvement visible et de garantir la synchronisation des engagements.
Un retrait limité offrirait au gouvernement un résultat politique. Il permettrait à Joseph Aoun de montrer que la négociation produit des effets. Il placerait aussi le Hezbollah devant une décision concrète. Le mouvement ne pourrait plus invoquer uniquement l’absence de contrepartie. Il devrait préciser ce qu’il accepte dans le secteur évacué.
Le parti peut encore miser sur un ralentissement du processus. Les discussions techniques, le futur mécanisme de vérification et les désaccords sur les inspections peuvent retarder l’application. Cette période lui permettrait de négocier des garanties supplémentaires et de consulter ses alliés. Elle maintiendrait toutefois l’incertitude dans le Sud et retarderait le retour des habitants.
Le prochain test ne sera donc pas seulement politique. Il se déroulera sur le terrain, dans les villages et les secteurs choisis pour la phase pilote. La réaction du Hezbollah, la conduite de l’armée, le comportement des habitants et le calendrier israélien détermineront si le parti poursuit sa stratégie institutionnelle ou s’il durcit son refus face aux premières mesures concrètes.



